Thème de la semaine: Véhicules électriques : prêts au décollage?

La semaine dernière, Jaguar a présenté l’I-PACE au ‘Los Angeles Auto Show’. Ce premier modèle 100% électrique de la marque est un SUV (Sports Utility Vehicle) d’une portée de plus de 500 km par charge. Avec l’I-PACE, Jaguar voudrait concurrencer notamment le Model X de Tesla. L’I-PACE sera disponible au second semestre 2018.

Jaguar, qui fait partie, avec Land Rover du groupe indien Tata Motors depuis 2008, arrive tard sur le marché des véhicules électriques. Le pionnier Tesla ajaguar actuellement deux modèles de ce genre sur le marché. La société a également construit une gigantesque usine de batteries, ce qui doit permettre au groupe de construire un demi-million de véhicules électriques chaque année d’ici 2020. BMW (i-3, i-8) et Renault/Nissan (TWIZY, ZOE et Leaf), notamment, ont déjà desvéhicules totalement électriques teslasur le marché. D’autres constructeurs comme par exemple Toyota investissent surtout dans les hybrides. Ces derniers mois, de nombreux constructeurs auto (notamment Mercedes et Porsche) ont planché sur des prototypes de véhicules électriques, autant de concurrents potentiels de Tesla. L’introduction sur marché de la plupart de ces modèles est prévue pour la fin de cette décennie.

En 2015, les véhicules électriques ont représenté environ 1% des ventes totales de véhicules. Le consensus veut que ce pourcentage passe entre 2 et 3% en 2020, et entre 4 et 5% d’ici 2025. À court terme, des normes d’émission de plus en plus strictes sont les facteurs de soutien de la croissance du secteur. À un peu plus long terme, les batteries meilleur marché et plus performantes prendront le relais. Lors d’une conférence qui s’est tenue à Munich, à laquelle nous avons assisté, le directeur financier de Continental – important fournisseur de composants (électroniques) et pneus pour l’industrie automobile – a annoncé que le groupe ne prévoyait de réel essor du marché qu’à partir de 2025. Le message du directeur sales & marketing de Daimler (Mercedes) partageait cet avis. Les deux entreprises pensent que le coût des batteries des véhicules électriques peut diminuer de moitié d’ici 2025.bmwSi c’est le cas, le prix des véhicules électriques ne serait plus supérieur à celui des véhicules équipés d’un moteur conventionnel. En outre, les temps de recharge des batteries devraient également baisser considérablement. Dans une dizaine d’année, le rechargement à 80% de la capacité ne devra pas prendre plus de temps qu’une pause café.  Le cas échéant, il se peut que les analystes sous-estiment largement la croissance du marché après 2020.

Le secteur automobile devrait connaître plusieurs années passionnantes. Outre l’électrification, d’autres mégatendances disruptives comme les véhicules autonomes, la numérisation (véhicules connectés) et les services de mobilité (pièces auto) représentent des opportunités et des menaces à la fois pour les constructeurs et leurs fournisseurs. Les constructeurs doivent investir suffisamment et collaborer avec les bons partenaires pour pouvoir continuer à offrir une gamme concurrentielle. Plusieurs fournisseurs peuvent être sous pression. Les véhicules électriques n’ont en effet pas besoin de réservoir à carburant ni d’échappement. Cependant, les véhicules électriques exigent de nombreux autres composants (transformateur du courant continu au courant alternatif, systèmes de gestion énergétique, pompe à eau électrique, etc.), ce qui offre également des perspectives pour les fournisseurs. Enfin, n’oublions pas que la disruption dans le secteur auto offre également des opportunités pour les producteurs de matières premières. Les véhicules électriques comprennent en effet bien plus de cuivre, sans parler du lithium, un composant de base des batteries de ce type de véhicules. Les investisseurs peuvent donc se mettre à l’ouvrage pour dénicher les gagnants des mégatendances de demain dans l’industrie automobile.

 



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Cet article a été rédigé par Econopolis

le 18 novembre, 2016