Balta: au tapis

Le 24 novembre, Balta a surpris les marchés en lançant une mise en garde sur son bénéfice. Le cours de l’action s’est depuis lors replié d’un quart environ. Cet avertissement repose sur plusieurs facteurs. Tout d’abord, Balta constate un affaiblissement de la croissance dans sa division principale, « Rugs », qui produit des tapis principalement vendus par de grands détaillants comme IKEA et Steinhoff. Ensuite, les fluctuations des devises et des cours des matières premières lui ont causé du tort. Lorsque les prix du propylène, du latex et du polyamide augmentent, la marge du groupe s’érode.

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Des débuts difficiles

Balta a fait ses premiers pas en Bourse il y a six mois environ, non sans peine. Le groupe a écoulé 11% d’actions de moins que ce qu’il avait prévu. L’ancien propriétaire, le groupe de private equity Lone Star, détient dès lors toujours quelque 56% de l’entreprise. Remarquons que la période de lock-up de Lone Star est arrivée à échéance et que cet intervenant pourra lui aussi vendre des titres. Nous doutons cependant que Lone Star décide de se délester de ses titres au cours actuel.

Outre le volume de l’introduction en Bourse, l’action a été introduite à un cours se situant dans le bas de la fourchette des prévisions initiale de 13,25 à 16 euros par action. Finalement, elle a été introduite à 13,25 euros, pour plonger d’emblée sous son prix d’émission. Ce facteur, combiné à l’avertissement sur bénéfice, n’est pas à proprement parler le scénario idéal pour une entreprise fraîchement cotée.

Temporary pain, long-term gain ?

Evidemment, il convient de se demander si l’évolution négative est complètement intégrée dans le cours et si l’entreprise pourra démontrer que ce vent contraire est temporaire. Le problème avec une IPO récente est que le track-record est maigre, et que le passé n’apporte donc pas d’éléments permettant de renforcer la confiance.

Nous pensons cependant que plusieurs éléments sont de nature temporaire. L’entreprise parvient notamment à répercuter la hausse des cours des matières premières sur le client, même si elle ne peut le faire qu’à l’échéance annuelle de renouvellement des contrats. Par ailleurs, le groupe est accablé par des frais de restructuration provisoires qui s’accompagnent de la rationalisation de son empreinte de production. Notons du reste que Balta aura la possibilité fin 2018 de refinancer ses dettes. Vu son passé de private equity, elle est alourdie par des charges de financement élevés. Une fois qu’elle parviendra à se refinancer, elle pourra allouer ces fonds ailleurs. Par exemple pour contrer un éventuel contretemps temporaire qui pourrait survenir à ce moment-là.

Nous attendons de nouvelles actualisations de l’entreprise, compte tenu du besoin évident de visibilité. La direction a désormais la tâche difficile de restaurer la confiance et de démontrer que la situation actuelle est de nature provisoire.



Cet article a été rédigé par Sam Van den Poel

le 15 décembre, 2017

Sam a obtenu son diplôme d’économie à l’université KULeuven et a complété sa formation par un MSc International Finance à HEC Paris. Il a débuté sa carrière chez Credit Suisse à Londres et a rejoint par la suite Exane, où il était actif en tant qu’analyste sell-side. A son retour en Belgique, il a travaillé pour un family office, où il était responsable de la gestion d’un portefeuille d’actions mondiales. Sam a rejoint Econopolis en novembre 2017 en tant que gestionnaire de portefeuille.

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