Champions dans les biotechs

La petite Belgique est un acteur de poids dans les biotechnologies. Nous pouvons même revendiquer une place dans le top mondial de ce secteur.

Top mondial dans les biotechnologies

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La semaine dernière, nous écrivions, concernant nos entreprises biotechnologiques : « une belle année est à prévoir, surtout pour Galapagos si l’entreprise répond aux attentes suscitées par les recherches sur le filgotinib dans le rhumatisme. Idem notamment pour Argenx et Mithra. » Cette semaine, Galapagos, Argenx et Mithra ont pris part à la JPMorgan Heathcare Conference à San Francisco, la grand-messe annuelle de l’industrie pharmaceutique et biotechnologique, où leurs représentants ont rencontré des analystes financiers, des investisseurs et des banquiers. Les entreprises avaient encore publié de très bonnes nouvelles à la veille de cette conférence. Toujours cette semaine, l’IMEC (Centre interuniversitaire en microélectronique), le plus grand centre de recherche indépendant d’Europe dans le domaine de la microélectronique, des nanotechnologies, des méthodes de conception et des technologies pour systèmes ICT, a présenté au Consumer Electronics Show de Las Vegas un minipatch capable de mesurer et d’analyser le rythme cardiaque et la respiration. Ce patch ne dépasse pas quelques centimètres, pour un coût de production de moins de 10 euros. Les wearables de ce type ont remporté un vif succès au CES.
La biotechnologie regroupe les technologies basées sur la biologie, qui donc fait appel donc à des cellules d’animaux, de végétaux, de bactéries, d’enzymes, de levures et de champignons – pour résumer, les micro-organismes les plus divers – pour développer des médicaments, des aliments ou de nouvelles substances, allant de fromages, vins et bières à différents types de médicaments. La biotechnologie la plus moderne est de plus en mesure de modifier les propriétés des bactéries, plantes et animaux en intervenant directement au niveau de leur ADN. Actuellement, plusieurs centaines de médicaments et de vaccins biotechnologiques sont disponibles pour les patients. Ils ciblent surtout des maladies pour lesquelles il n’existait pas de traitement auparavant.

Les investisseurs font la file

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Les entreprises biotechnologiques belges sont très présentes en Bourse et c’est une belle preuve de la dynamique qui caractérise ce secteur. Euronext Bruxelles recense ainsi une dizaine d’entreprises biotechnologiques. Ce secteur finalement encore jeune est arrivé très rapidement à maturité. Plusieurs nouveaux médicaments se trouvent dans leur phase finale de développement, et les entreprises actives dans ce secteur attirent de plus en plus l’attention de l’industrie pharmaceutique. Et font l’objet d’une cour assidue. Il y a un an, le groupe pharmaceutique français Sanofi a ainsi racheté l’entreprise biotechnologique gantoise Ablynx pour 3,9 milliards d’euros. Quelques mois plus tôt, le groupe japonais Astellas mettait la main sur l’entreprise wallonne Ogeda, qui avait développé un médicament contre les désagréments liés à la ménopause, pour 800 millions d’euros. Rappelons qu’« à peine » 32 millions d’euros avaient été apportés dans l’entreprise… schermafbeelding-2019-01-09-om-17-16-34
Ceux qui avaient investi dans Ogeda ont donc remporté jusqu’à 25 fois leur mise. Parmi eux : le CEO Jean Combalbert et l’administrateur Alain Parthoens, qui fonderont peu après Epics Therapeutics, une entreprise biotechnologique spécialisée dans le traitement des cancers.
Des investisseurs privés belges fortunés ont lourdement investi dans les biotechnologies ces dernières années. Pensez à Luc Verelst, fondateur de l’entreprise de construction Groupe Verelst. Via son fonds d’investissement Droia – qui s’est donné pour mission d’« éradiquer le cancer » et dont Marc Coucke est actionnaire –, il a investi dans Tusk Therapeutics, vendue cet été au groupe suisse Roche pour 655 millions d’euros. Emiel Lathouwers, le fondateur d’AS Adventure, et la famille Van Hool détiennent également des participations dans Droia. On sait également que la famille Colruyt investit volontiers dans les biotechnologies.

L’année boursière a bien commencé pour les biotechs belges

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Dans un communiqué de presse publié lundi dernier, l’entreprise malinoise Galapagos a indiqué qu’elle étendrait encore ses recherches sur l’IPF, une maladie grave des poumons. Elle a accru son expertise dans ce domaine en s’engageant avec l’entreprise canadienne Fibrocor. Le GLPG1690, un médicament potentiel contre l’IPF, fera également l’objet de recherches sur des patients souffrant de sclérose en plaques. Cette maladie auto-immune figure parmi les affections rhumatismales qui présentent les taux de mortalité les plus élevés. Par ailleurs, Galapagos – qui compte le géant américain des biotechnologies Gilead parmi ses actionnaires – va travailler sur « un médicament contre les rhumatismes qui pourrait introduire un nouveau paradigme dans le traitement des maladies infectieuses. » La bonne nouvelle a permis à l’action Galapagos de gagner 3,9% dans la foulée. Avec 25 programmes de recherche, une position de trésorerie de plus d’un milliard d’euros et une valeur boursière de quelque 5 milliards d’euros, Galapagos est le fer de lance des biotechnologies belges.
ArgenX – dirigée par le dynamique CEO Tim Van Hauwermeiren – dispose également d’une trésorerie bien garnie de 600 millions d’euros. Dans ces conditions, le financement des différents programmes de tests ne pose aucun problème. Comme Galapagos, les Gantois de ArgenX ont clôturé la séance de lundi sur un gain appréciable : +5,7%. Et ArgenX a poursuivi sur cet élan les jours suivants. L’action a ainsi franchi pour la première fois le seuil psychologique de 100 euros. Il y a quatre ans à peine, l’entreprise gantoise qui utilise des anticorps de lama faisait son entrée sur la Bourse belge… à 8,50 euros par action ! Il y a un an – en décembre 2017 –, elle avait déjà récolté 200 millions d’euros sur le Nasdaq.
Les gestionnaires de fonds Bernard Thant et Danny Van Quaethem mettront à profit l’expertise professionnelle locale qu’ils ont accumulée pendant de longues années pour suivre de très près les entreprises belges et biotech.

 



Econopolis

Cet article a été rédigé par Econopolis

le 11 janvier, 2019