Elections italiennes

Dimanche, les Italiens se rendront aux urnes dans le cadre d’élections qui pourraient bien être historiques. Jusqu’ici, les élections italiennes ont systématiquement débouché sur la formation d’un gouvernement de gauche ou de droite. Avec l’arrivée du mouvement Cinque Stelle, la donne pourrait changer. Selon les derniers sondages (remontant à deux semaines), ce mouvement devrait l’emporter (28%), suivi du parti démocratique de centre-gauche (23%) et d’une série de partis de droite, en l’occurrence Forza Italia (16%), Lega Nord (13%) et le parti d’extrême-droite Fratelli d’Italia (5%). Il semble dès lors que le bloc de droite soit appelé à être le plus important, avec cependant insuffisamment de sièges pour former un gouvernement.

Selon les sondages toujours, le mouvement Cinque Stelle, la Lega Nord et les Fratelli d’Italia, partis « anti-establishment », devraient remporter près de 50% des voix. Les thèmes de l’immigration et du malaise économique persistant depuis de longues années seront déterminants. Bien que l’économie italienne participe entre-temps au redressement large de l’économie européenne, ce n’est pas encore visible pour tous. Qui plus est, cette embellie survient après une longue période difficile. Par habitant, en Italie, l’activité économique est à peine plus élevée que le niveau qui prévalait début 1999. Ce qui implique que l’économie italienne n’ait pour ainsi dire signé aucune croissance au cours des 20 dernières années. Cela n’étonnera personne que ce sujet soit également abordé dans le débat politique.

italy

Les options envisageables au lendemain des élections seront limitées :

  • Un gouvernement de droite : l’option de loin la plus simple, mais qui exige que les partis de droite obtiennent au total suffisamment de voix (or les sondages semblent annoncer le contraire)
  • Une coalition avec Cinque Stelle. Longtemps, ce dernier a affirmé ne vouloir à aucun prix s’associer à un autre parti, mais il aurait désormais revu sa copie. Vu leur manque d’expérience politique et le succès fluctuant de leurs mandats administratifs locaux, une coalition reste possible.
  • Une grande coalition entre centre-droite et centre-gauche : scénario peu probable.
  • Un gouvernement d’unité nationale, au sein duquel un technocrate bénéficierait de suffisamment de soutien du parlement
  • De nouvelles élections

Quoi qu’il en soit, il est peu probable que ces élections donnent lieu à un mandat clair pour le vaste programme de réforme structurelle dont l’Italie a besoin pour remettre sur les rails son économie, ses finances publiques et son secteur financier.

Implications pour les marchés

Les marchés financiers semblaient jusqu’ici se soucier assez peu des élections italiennes. Le différentiel de taux entre les obligations d’Etat italiennes et allemandes a même reculé quelque peu depuis le début de l’année. Pour d’autres pays périphériques comme l’Espagne et le Portugal, ce différentiel a encore diminué, mais il y a peu de signes d’incertitudes par rapport à l’Italie. Le fait que la BCE puisse exploiter pleinement son programme d’achat d’obligations pour absorber les éventuels chocs sur le marché italien constitue un facteur crucial. La BCE continuera d’assumer ce rôle si nécessaire après les élections.

Cela dit, l’Italie demeure un maillon faible dans le tableau européen, avec sa dette publique élevée, ses banques toujours vulnérables, et probablement aussi 40% des voix des partis eurosceptiques. Les précédentes élections en Europe (notamment aux Pays-Bas et en France) ont clairement eu une issue plus positive que ce que l’on craignait. Qui plus est, ces derniers mois, l’attention s’est principalement portée sur l’actualité positive en Europe, et les éléments négatifs ont été mis de côté. Il est très possible que les élections italiennes constituent un prétexte pour changer cette dynamique. En ce sens, un impact négatif sur l’euro est possible.

Implications pour notre stratégie

Comme affirmé plus tôt, le mois dernier, nous nous en tenions à une stratégie très prudente (pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les élections italiennes). Qui plus est, nous avons peu de positions italiennes (ou même espagnoles ou portugaises), et nous n’avons aucune exposition au secteur bancaire européen. Notre stratégie devrait dès lors être insensible au résultat des élections italiennes.



Econopolis

Cet article a été rédigé par Econopolis

le 2 mars, 2018

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