Énergies renouvelables : investissement durable ?

Conformément aux objectifs climatiques de Paris, nous devons mettre un terme aux rejets mondiaux de CO2 d’ici 2050 pour endiguer le réchauffement climatique de la Terre. Cette échéance est-elle vraiment réaliste ? Quelles sont les technologies qui nous aideront à réaliser les ambitieux objectifs climatiques ? Et quels sont les débouchés de la transition vers les énergies durables pour l’investisseur ?

hernieuwbare energieLes énergies renouvelables ont la cote, c’est sûr. D’après le rapport des Nations unies Global Trends in Renewable Energy Investment 2018, les investissements dans le renouvelable ont pour la huitième fois d’affilée dépassé le cap des 200 milliards de dollars en 2017. À titre de comparaison, l’ensemble des investissements dans le charbon et le gaz n’a atteint que 83 milliards la même année.

Le succès des énergies renouvelables s’explique surtout par la baisse des coûts de production des panneaux solaires et, dans une moindre mesure, des éoliennes.

 

Quelques chiffres marquants :

  • En 2017, la capacité mondiale des énergies renouvelables s’est accrue pour atteindre 157 gigawatts, dont près de 40% pour l’énergie solaire.
  • La production totale d’électricité issue des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien, biomasse, etc.) a augmenté de 12% en 2017, entraînant une baisse des rejets totaux de CO2 de 2 gigatonnes.
  • Avec quelque 126 milliards de dollars, la Chine est le pays qui a le plus investi dans les énergies renouvelables. L’énergie photovoltaïque en particulier est un marché en plein essor. En 2017, la Chine a investi 86 milliards de dollars dans des installations solaires. Les États-Unis et l’Europe ont chacun injecté environ 40 milliards de dollars.

Ces chiffres sont issus du rapport des Nations unies Global Trends in Renewable Energy Investment 2018.

 

Le climat change plus vite que la politique énergétique

Les chiffres laissent à penser que nous avons atteint un moment charnière. L’avenir se présente donc sous des auspices plus verts. Il y a toutefois matière à s’inquiéter. En 2017, la part du renouvelable au niveau mondial représentait seulement 12% de la production totale d’électricité, soit à peine 1% de plus qu’en 2016. De plus, nous n’arrivons pas à maîtriser les rejets de dioxyde de carbone et d’autres gaz nocifs.

La transition vers l’énergie verte est donc trop lente. De nouvelles initiatives sont nécessaires pour accélérer le processus. Les innovations technologiques peuvent jouer un rôle majeur à cet égard.

 

4 technologies vertes prometteuses

1) Batteries plus efficaces et moins chères

Le stockage de l’électricité est essentiel pour faire face aux pics et aux creux de l’offre et la demande d’électricité. Par exemple, les panneaux photovoltaïques équipés d’une batterie permettent de consommer aussi la nuit l’énergie produite de jour. Les analystes et les experts s’attendent à ce que le prix des batteries au lithium baisse de 67% d’ici 2030, pour atteindre environ 70 $/kWh. De plus, les batteries solides, dont la capacité de stockage est largement supérieure aux batteries liquides traditionnelles au lithium, sont en passe de faire une percée.

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2) Microréseaux et intelligence artificielle

Le microréseau est une variante locale du réseau de distribution classique. L’énergie (renouvelable) produite est distribuée à un groupe réduit d’utilisateurs. Le microréseau est donc un moyen idéal pour remédier aux pénuries locales d’électricité. Grâce à l’intelligence artificielle et à l’apprentissage machine, les microréseaux vont gagner en importance dans les prochaines années.

 

3) Blockchain

La technologie sur laquelle repose le bitcoin ne permet pas seulement de négocier la cryptomonnaie. C’est aussi une excellente plate-forme pour automatiser une multitude de transactions. Des gestionnaires de réseau, notamment Elia en Belgique, expérimentent déjà la technologie de la blockchain pour équilibrer leur réseau d’électricité.

 

4) Capture et stockage du carbone

La technologie de capture et stockage du dioxyde de carbone permet de capturer activement les gaz à effet de serre dans l’air. Elle est en mesure de réduire de 90% les émissions des centrales à énergie fossile, notamment au charbon. Actuellement, les principaux défis résident toutefois dans le prix élevé et le stockage sécurisé des gaz nocifs.

 

Que nous réserve l’avenir ?

D’ici 2050, l’éolien et le photovoltaïque représenteront à eux deux environ la moitié de la production mondiale d’électricité. 71% de toute l’électricité produite sur Terre proviendra de sources d’énergie renouvelables (photovoltaïque et éolien, mais aussi hydroélectricité, énergie nucléaire et autres).

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Les combustibles fossiles représenteront encore 29% de l’offre totale, soit une baisse de 63% par rapport à aujourd’hui. Le plus grand perdant sera le charbon, qui ne représentera plus que 11% de la production mondiale d’électricité (baisse de près de 40%). Les centrales au gaz jouent un rôle majeur en appui des sources d’énergie renouvelables, par exemple pour faire face aux pics de demande.

La généralisation des voitures électriques va pousser la demande d’électricité vers de nouveaux sommets. Les experts estiment qu’une hausse de 3,461 TWh d’ici 2050, soit 9% de la demande totale, est réaliste.

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Investir dans les énergies vertes

Dans nos contrées, ce sont principalement les producteurs de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes qui profitent de la vague verte. L’entreprise danoise Vestas est leader mondial du marché de l’éolien, avec une part de marché de 16% (22% sur la base des commandes récentes), suivie de près par Siemens Gamesa. Le Chinois Goldwind, General Electric, Enercon et Nordex les suivent à distance respectable.

Pour cette année, Vestas table sur une croissance du chiffre d’affaires d’environ 10% et une marge d’exploitation de 8 à 10% (9,5% en 2018). L’entreprise essaie de compenser par des hausses de prix la pression sur les marges due à une hausse du prix de l’acier et des taxes américaines à l’importation. La forte croissance de l’action (+46% depuis début novembre) et la suppression progressive du système de subvention (« Production Tax Cuts ») aux États-Unis à partir de 2020 incitent toutefois à la prudence.

 

Conclusion

Compte tenu des évolutions mondiales exposées ci-dessus, les émissions de CO2 vont culminer en 2027 (avec 13,6 milliards de tonnes), puis reculer chaque année de 2% jusqu’en 2050. Autrement dit, les efforts actuels pour contenir le réchauffement planétaire sous la barre des 2% arrivent trop tard. Même si on fermait maintenant toutes les centrales au charbon et au lignite.

Pour réaliser les objectifs climatiques de Paris, nous devons donc investir massivement dans des stratégies permettant d’extraire à grande échelle le dioxyde de carbone de l’air. On peut le faire en misant sur les nouvelles technologies, mais aussi par exemple par une reforestation de grande ampleur.

 

 



Econopolis

Cet article a été rédigé par Econopolis

le 17 avril, 2019

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