Fed versus BCE

screen-shot-2017-12-15-at-09-33-48Cette semaine, tant la Fed que la BCE ont tenu leur réunion monétaire. Les deux banques centrales sont confrontées à des perspectives économiques solides, mais une inflation qui reste obstinément faible. L’économie américaine est clairement avancée dans le cycle de redressement, ce qui trouve écho dans la politique monétaire. Comme prévu, la Fed a relevé son taux directeur à nouveau de 0,25%, à 1,25-1,50%. Qui plus est, la Fed a confirmé qu’elle poursuivrait sur cette voie dans les prochaines années. D’ici fin 2019, la Fed anticipe un taux monétaire de 2,7%. Ce qui suppose cependant que l’inflation de base revienne rapidement à environ 2%. Si l’inflation demeure faible, les interrogations par rapport aux prochaines étapes monétaires de la Fed ne feront qu’augmenter.

Au cours de ce cycle, la zone euro est quelques années en retard sur les Etats-Unis. La BCE se concentre pour l’heure sur l’allègement progressif de son programme d’achats mensuels. Cette semaine, la BCE a confirmé une fois de plus qu’elle continuerait d’imprimer des billets l’an prochain, mais bien moins que les années précédentes. D’éventuelles augmentations de taux ne sont pas à l’ordre du jour en zone euro. Et ne le seront pas avant le deuxième semestre 2019 au plus tôt. Ce facteur aussi dépend de la dynamique d’inflation. La BCE prévoit encore de manquer ses objectifs de près de 2% jusqu’en 2020. Dans le seul cas où l’inflation augmenterait plus rapidement que prévu, la BCE devra alléger plus rapidement sa politique monétaire souple.

Quoi qu’il en soit, les banquiers centraux restent extrêmement prudents dans le remaniement de leur politique. Ils le seront tant que l’inflation restera faible. En ce sens, la dynamique d’inflation est l’un des facteurs cruciaux pour les marchés financiers en 2018. Les marchés semblent davantage penser aujourd’hui que l’inflation restera encore faible, ce qui implique également une politique monétaire de soutien. Si l’inflation était supérieure aux prévisions l’an prochain, un scénario très probable, ces prévisions devraient être revues sensiblement.



Cet article a été rédigé par Bart Van Craeynest

le 15 décembre, 2017

Après ses études d’économie à l’UFSIA, Bart Van Craeynest a rejoint le secteur financier en tant qu’économiste. Il suit depuis plus de 15 années déjà les évolutions économiques en Belgique et à l’international, et jauge l’impact de ces dernières sur les marchés financiers. Après un long passage chez une grande banque belge, il est devenu économiste en chef d’un organisme financier en 2010. Depuis 2015, Bart Van Craeynest est l’économiste en chef d’Econopolis. Il est co-responsable du scénario économique de la maison et à ce titre étroitement impliqué dans la définition de la stratégie d’investissement.

 

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