IAA : l’électrique plein gaz?

Le 12 septembre s’ouvrira le salon automobile de Francfort. L’IAA ou ‘Internationale Automobil-Ausstellung’, de son nom officiel, est l’événement le plus important du secteur au niveau international. Les véhicules électriques occupent encore une part insignifiante du marché mondial, mais il ne fait aucun doute que ce segment bénéficiera d’une vive attention au salon de l’auto de Francfort cette année.

« The place to be » pour les amateurs d’automobiles

September 5, 2017La 66e édition de l’IAA qui s’est tenue en 2015 – les années paires, le salon est réservé aux véhicules d’entreprises et se tient à Hanovre – a drainé plus de 930.000 visiteurs, un tiers d’entre eux provenant de l’extérieur de l’Union européenne. Visiblement, le constat selon lequel les jeunes s’intéressent moins aux voitures n’est plus vrai aujourd’hui, à en croire la pyramide d’âge des visiteurs du salon : à un âge moyen de 34 ans, le visiteur est en effet bien plus jeune que l’Allemand moyen. Comme la plupart des salons de l’auto, l’IAA attire à la fois des visiteurs professionnels et particuliers. Du fait du nombre élevé de ses visiteurs et de l’attention qui lui est consacrée par la presse au niveau mondial, ce salon est la grand-messe automobile par excellence, et chaque nouveauté qui y est présentée est automatiquement relayée ailleurs dans le monde. Lors de l’édition 2015, pas moins de 60 exclusivités mondiales ont été présentées.

La voiture électrique à la veille d’une percée ?

L’édition de 2017 sera indubitablement placée sous le signe de l’électrification, de la connectivité et des voitures sans conducteur. Nombre de ces technologies ne sont pas encore matures. Ainsi la Tesla S ou la Cadillac CT6 peuvent-elles déjà rouler de manière autonome sur autoroute, mais il faudra peut-être encore attendre plusieurs décennies avant que les voitures autonomes trouvent leur place dans des situations de trafic quotidien. Les véhicules électriques sont en revanche bien partis pour connaître le succès auprès d’un public plus vaste. Autour de 1900, les véhicules électriques étaient la norme. Elles ont ensuite été abandonnées au profit des moteurs à combustion, plus performants. C’est Tesla qui a redonné sa place au véhicule électrique ces dernières années. Initialement, l’entreprise était considérée avec condescendance. À présent que les véhicules de la marque ont atteint les segments de marché inférieurs, les autres constructeurs automobiles ne peuvent plus se permettre de négliger cette catégorie de véhicules. Le scandale du diesel et les normes d’émissions de plus en plus strictes ont également contribué à cet essor.

iaaUn salon de l’auto tel que l’IAA offre d’ailleurs une plateforme idéale pour les constructeurs qui souhaitent présenter leurs projets de véhicules électriques. Jaguar LandRover et BMW ont fait parler d’eux cette semaine déjà. Jaguar Land Rover (contrôlé par le groupe indien Tata Motors) a annoncé que ses modèles seraient disponibles à partir de 2020 dans une variante électrique (purement électrique ou hybride). Cette déclaration est pour le moins ambitieuse dans la mesure où le groupe ne commercialisera son premier véhicule totalement électrique – la Jaguar I-PACE – qu’au second semestre de l’an prochain. Avec ses modèles i, BMW était un précurseur dans l’électrification mais a perdu ensuite une partie de son avance. Le groupe promet à présent de mettre les bouchées doubles : au cours des huit prochaines années, son directeur Harald Krüger entend lancer 12 véhicules purement électriques et 13 voitures hybrides, dont une mini électrique en 2019 et une x3 électrique l’année suivante. Mercedes a annoncé son « offensive électrique » l’an dernier au salon de l’auto de Paris. La société-mère Daimler organise une journée de l’investisseur le 11 septembre (ce n’est pas un hasard si cet événement se tient la veille de l’ouverture de l’IAA). Ici aussi, une attention particulière sera probablement accordée à l’électrification. Au salon IAA, Mercedes présentera notamment trois prototypes de voitures totalement électriques sous le label réservé EQ. De même, Volkswagen, le plus grand constructeur automobile au monde, montrera son meilleur profil à Francfort. Pour l’entreprise de Wolfsburg, le développement d’une flotte de véhicules électriques semble être la meilleure manière de faire oublier le scandale du diesel.

Plusieurs constructeurs automobiles (non allemands) dont Volvo et Nissan ne participeront pas à l’IAA. En début d’année, Volvo a déjà annoncé qu’il ne proposerait plus que des véhicules purement électriques ou hybrides à la vente à partir de 2019. Hier, Nissan a présenté sa nouvelle Leaf à Tokyo. Jusqu’ici, la marque a vendu déjà près de 300.000 Leaf, ce qui fait de ce modèle électrique le mieux vendu. La nouvelle Leaf n’a pas seulement reçu un tout nouveau look, mais a aussi une portée plus grande (environ 400 km). Le véhicule devrait en conséquence toucher un public plus large encore.

La rentabilité : le plus grand défi

Le principal défi ne réside cependant pas dans la conception et la production de voitures électriques. Avec une armée d’ingénieurs, énormément de liquidités et un appareil de production hautement technologique, cela ne devrait pas être un problème pour les grands constructeurs automobiles de disposer de plusieurs modèles électriques d’ici quelques années. Le plus grand défi consistera à gagner de l’argent sur la vente, et si possible de dégager les mêmes marges que sur les voitures équipées d’un moteur à combustion.



Cet article a été rédigé par Bernard Thant

le 8 septembre, 2017

Bernard Thant a obtenu son diplôme en Sciences Commerciales à l’EHSAL (maintenant connu sous le nom Hogeschool-Universiteit Brussel, un collège universitaire à Bruxelles), puis a suivi un cours complémentaire d'un an en Finance et Gestion d'Actifs. Après ses études il a fait la plus grande partie de sa carrière chez Société Générale Private Banking Belgique (précédemment Banque de Maertelaere) en tant qu'analyste financier puis gestionnaire de portefeuille actions. Bernard a rejoint l’équipe Econopolis Wealth Management en septembre 2014 comme analyste financier actions.