La banque centrale britannique relève ses taux

Considérant le taux de chômage, qui a retrouvé son plus faible niveau depuis la moitié des années 70, et l’inflation à 3% en septembre, la Bank of England (BoE) a décidé cette semaine de relever son taux directeur. Ce premier relèvement depuis la mi-2007 a porté le taux à 0,5%. Dans un tel contexte de chômage et d’inflation, cette étape était prévisible, même si ce n’est pas si simple qu’il y paraît. Notons que cette mesure ne cadre pas parfaitement avec les perspectives économiques positives, mais s’inscrit plutôt dans une analyse de faiblesse économique.

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La BoE reste très sombre quant à l’impact du Brexit sur l’économie britannique. Elle pense que le potentiel de croissance de l’économie sera sévèrement affecté. Ce potentiel de croissance reflète le niveau de croissance économique possible sans que la pression inflationniste augmente trop largement. Si ce niveau baisse, la banque centrale devra réagir plus rapidement pour éviter une augmentation de l’inflation. Selon la BoE, l’économie britannique se trouve actuellement dans cette situation en raison de l’incertitude liée au Brexit. Elle n’est dès lors pas très optimiste concernant les perspectives économiques.

Dans ce contexte plus sombre, le relèvement de taux ne donne pas forcément le coup de départ d’une série de mesures monétaires visant à la normalisation des taux. Vu les perspectives économiques actuelles, on peut même se demander si ce relèvement est judicieux. À terme, de nouvelles mesures monétaires sont possibles, mais elles seront progressives et dépendront surtout de la manière dont l’économie évolue. Sur la base des déclarations de la BoE, les prévisions de nouveaux relèvements de taux par le marché ont été revues à la baisse, ce qui s’est traduit par un recul des taux à long terme et de la livre sterling.

Compte tenu de la situation spécifique de l’économie britannique, ce relèvement de taux ne doit en aucun cas être perçu comme un exemple pour la BCE. Celle-ci sera encore occupée pendant un bon bout de temps avec la réorientation progressive de son programme de rachat d’obligations. Le premier relèvement de taux par la BCE ne doit pas être attendu avant deux ans.



Cet article a été rédigé par Bart Van Craeynest

le 3 novembre, 2017

Après ses études d’économie à l’UFSIA, Bart Van Craeynest a rejoint le secteur financier en tant qu’économiste. Il suit depuis plus de 15 années déjà les évolutions économiques en Belgique et à l’international, et jauge l’impact de ces dernières sur les marchés financiers. Après un long passage chez une grande banque belge, il est devenu économiste en chef d’un organisme financier en 2010. Depuis 2015, Bart Van Craeynest est l’économiste en chef d’Econopolis. Il est co-responsable du scénario économique de la maison et à ce titre étroitement impliqué dans la définition de la stratégie d’investissement.