La BCE réduit très lentement ses stimuli monétaires

Comme prévu, la BCE a annoncé cette semaine qu’elle ne ferait plus autant tourner la planche à billets à partir de janvier. Au lieu de 60 milliards d’euros par mois, elle n’injectera que 30 milliards par mois dans le système financier l’an prochain. Elle maintiendra ce rythme au moins jusqu’en septembre, et plus longtemps si nécessaire. De plus, Mario Draghi a annoncé clairement qu’il n’hésiterait pas à recourir à nouveau à la planche à billets en cas de détérioration de la conjoncture économique ou de la situation sur les marchés financiers. Il a ainsi encore souligné l’approche très prudente de la BCE. Simultanément, Mario Draghi a annoncé que des hausses de taux n’étaient pas encore à l’ordre du jour, loin de là.

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La BCE semble grosso modo suivre l’exemple de la Fed avec environ quatre ans de retard. L’économie va mieux, et dans ce contexte, la BCE entend normaliser sa politique. Mais l’institution veut surtout éviter que ce changement de cap perturbe la reprise économique ou le climat financier favorable. C’est précisément la raison pour laquelle Mario Draghi se montre extrêmement prudent. Néanmoins, il semble que le programme de relance monétaire de la BCE arrivera à son terme à la fin de l’an prochain. Ensuite, la BCE maintiendra son bilan constant, pour sans doute envisager un premier relèvement des taux d’ici fin 2019. Ensuite, un an ou deux pourraient encore s’écouler avant que des mesures de réduction du bilan soient effectivement mises en œuvre. Pour résumer : la politique monétaire restera encore longtemps très accommodante.

L’annonce n’en reste pas moins importante pour les marchés financiers. La période de stimuli monétaires croissants semble révolue. Au cours des années à venir – et jusqu’à la prochaine crise –, les banques centrales vont réduire peu à peu leurs mesures expansionnistes. Seul un regain d’inflation pourrait les inciter à accélérer le processus. Mais ce scénario semble peu probable à court terme. Même s’il sera très progressif, l’abandon des stimuli monétaires ne sera pas sans conséquences sur les marchés financiers. La combinaison d’une baisse des stimuli (supplémentaires) et d’une reprise de l’économie devrait entraîner une hausse des taux à plus long terme. D’autre part, les taux sur les liquidités ou les produits d’épargne classiques resteront sans doute extrêmement bas pendant plusieurs années encore.



Cet article a été rédigé par Bart Van Craeynest

le 27 octobre, 2017

Après ses études d’économie à l’UFSIA, Bart Van Craeynest a rejoint le secteur financier en tant qu’économiste. Il suit depuis plus de 15 années déjà les évolutions économiques en Belgique et à l’international, et jauge l’impact de ces dernières sur les marchés financiers. Après un long passage chez une grande banque belge, il est devenu économiste en chef d’un organisme financier en 2010. Depuis 2015, Bart Van Craeynest est l’économiste en chef d’Econopolis. Il est co-responsable du scénario économique de la maison et à ce titre étroitement impliqué dans la définition de la stratégie d’investissement.