La Fed passe à l’étape suivante

Cette semaine, la Banque centrale américaine (Fed) a annoncé la prochaine étape de la normalisation de sa politique monétaire. En octobre, la Fed démarrera l’allègement effectif de son bilan. Depuis la crise, celui-ci s’est considérablement alourdi du fait des programmes de QE successifs qui l’ont contrainte à imprimer massivement des billets verts afin d’acheter des obligations dans le but de ramener les taux à la baisse. À présent donc, la Fed s’oriente dans la direction opposée. Elle ne réinvestira plus tous les revenus des obligations de son bilan (via les coupons et échéances). En octobre, la Fed commencera par ne plus réinvestir 10 milliards de ces revenus, ce qui allègera le bilan d’autant. Ce montant mensuel sera ensuite relevé tous les trois mois, pour arriver, après douze mois, à vitesse de croisière, à 50 milliards.

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Partant d’un bilan actuel de quelque 4500 milliards de dollars, en comparaison avec un peu moins de 1000 milliards à la veille de la crise, l’allègement est un processus de longue haleine. Au rythme annoncé, le bilan devrait s’alléger d’ici fin 2019 de quelque 1000 milliards de dollars. En outre, la Fed a confirmé son intention de continuer à relever ses taux. Elle prévoit encore un seul relèvement cette année, et trois l’an prochain. Ce qui s’inscrit parfaitement dans le cadre de la normalisation progressive de sa politique monétaire. La Fed reste très prudente. Sa politique monétaire est de moins en moins accommodante, mais la Fed ne freine pas pour autant des deux pieds.

En adoptant une approche progressive et une communication détaillée, la Fed tente d’éviter de brusquer les marchés financiers. Ce qui semble jusqu’ici lui réussir. Les marchés ont en effet à peine réagi à l’annonce de cette semaine. Pour autant, une politique de relèvements de taux et d’allègement constant du bilan doit se traduire, toutes choses étant égales par ailleurs, par une pression haussière sur les taux et la devise. Le scénario le plus plausible reste que cette dynamique soit de plus en plus palpable dans les prochains mois.



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Cet article a été rédigé par Econopolis

le 22 septembre, 2017