La fin de l’argent gratuit pour tous

Federal Reserve Building, Washington DC, USAComme annoncé, la Banque centrale américaine commence à alléger son bilan ce mois, en l’occurrence de 10 milliards de dollars. Sur un bilan total de près de 4.500 milliards, c’est une goutte d’eau, mais elle est importante. Les banquiers centraux ont réagi à la crise financière en imprimant d’importantes quantités d’argent, ce qui a alourdi leur bilan. Ces interventions ont eu l’effet escompté sur les marchés financiers : les taux ont baissé considérablement et les marchés boursiers ont rebondi. Ce dernier phénomène est certes aussi attribuable à l’amélioration du climat économique, mais l’argent gratuit n’y est certainement pas étranger.

Ce type de stimuli monétaire n’a jamais été tenté à cette échelle. Et la suppression de ces stimuli non plus ! En ce sens, il faudra attendre de connaître l’impact sur les marchés financiers. Le fait que l’instauration des divers programmes d’impression de billets a eu un impact important sur les marchés suggère que leur allègement aura également une incidence de taille. La théorie veut qu’il se traduise notamment par une hausse des taux. En outre, l’impact sur les marchés boursiers sera négatif, bien qu’il soit toujours difficile d’estimer dans quelle mesure la hausse précédente était attribuable au stimulus monétaire.

La Fed commence doucement. La BCE mettra probablement fin à son programme de rachat dans le courant de l’an prochain. Elle attendra encore un moment avant d’entamer l’allègement à proprement parler de son bilan. Cela dit, ces premières étapes timides convergent vers une inflexion de la politique monétaire. La période de l’argent gratuit pour l’économie et les marchés est révolue. Pour l’heure, les marchés financiers semblent peu s’y intéresser. Il est peu probable qu’ils y restent indifférents.



Cet article a été rédigé par Bart Van Craeynest

le 13 octobre, 2017

Après ses études d’économie à l’UFSIA, Bart Van Craeynest a rejoint le secteur financier en tant qu’économiste. Il suit depuis plus de 15 années déjà les évolutions économiques en Belgique et à l’international, et jauge l’impact de ces dernières sur les marchés financiers. Après un long passage chez une grande banque belge, il est devenu économiste en chef d’un organisme financier en 2010. Depuis 2015, Bart Van Craeynest est l’économiste en chef d’Econopolis. Il est co-responsable du scénario économique de la maison et à ce titre étroitement impliqué dans la définition de la stratégie d’investissement.