La réforme fiscale de Trump

Cette semaine, le président Trump a enfin pu fêter son premier grand succès politique. Le Congrès a approuvé le paquet fiscal promis par Trump, la plus grande réforme fiscale depuis la moitié des années 80. Cette réforme prend surtout la forme d’une baisse d’impôts, avec une réduction du taux à l’impôt des personnes physiques (surtout pour les revenus les plus élevés), une hausse de la quotité exemptée d’impôts et une baisse de l’impôt des sociétés. Cette baisse d’impôts est donc un stimulus supplémentaire pour l’économie, mais l’impact en sera sans doute limité. En effet, la réforme concerne surtout les Américains les plus riches et les entreprises. Et il est peu probable qu’une baisse des impôts incite les premiers à dépenser davantage. En outre, la plupart des études démontrent qu’une baisse de l’impôt des sociétés profite surtout aux actionnaires, et n’a finalement guère d’impact sur les embauches, la croissance des salaires ou les investissements des entreprises. La mesure qui permet aux entreprises de déduire immédiatement leurs investissements de leurs impôts pourra cependant accélérer certains investissements.

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L’important est que la baisse des impôts intervient dans une économie qui tourne déjà plein régime. Selon la théorie économique, une baisse d’impôts dans de telles circonstances entraîne surtout une hausse de l’inflation. En ce sens, la réforme fiscale constituera sans doute pour la Fed un argument supplémentaire de poursuivre le relèvement de son taux directeur. De telles interventions monétaires pourraient compenser l’impact positif de la baisse des impôts. De plus, le financement du plan dans son ensemble est loin d’être bouclé. Les républicains tablent sur le fait que la baisse d’impôts se remboursera d’elle-même via une accélération de la croissance économique, mais aucun modèle économique sérieux ne confirme ce scénario. La réforme va presque certainement creuser encore le déficit de l’État américain au cours des années à venir.

En fin de compte, la réforme fiscale aura surtout un impact sur les marchés financiers (ce que les Bourses avaient déjà anticipé), et moins sur l’économie réelle.



Cet article a été rédigé par Bart Van Craeynest

le 22 décembre, 2017

Après ses études d’économie à l’UFSIA, Bart Van Craeynest a rejoint le secteur financier en tant qu’économiste. Il suit depuis plus de 15 années déjà les évolutions économiques en Belgique et à l’international, et jauge l’impact de ces dernières sur les marchés financiers. Après un long passage chez une grande banque belge, il est devenu économiste en chef d’un organisme financier en 2010. Depuis 2015, Bart Van Craeynest est l’économiste en chef d’Econopolis. Il est co-responsable du scénario économique de la maison et à ce titre étroitement impliqué dans la définition de la stratégie d’investissement.

 

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