La résurrection de l’oiseau bleu?

Twitter reste omniprésent dans le paysage des médias sociaux, le président Trump étant un de ses utilisateurs les plus connus et les plus fervents. L’action n’a en revanche guère procuré de satisfaction à la plupart des investisseurs ces dernières années. Mais plus récemment et en particulier hier, elle a sans doute rendu le sourire à ses actionnaires en plein cœur d’un orage boursier.

Entreprise de croissance?

twTwitter a fait son entrée en Bourse en 2013 à 26 dollars l’action. L’IPO (Initial Public Offering ou introduction en Bourse) a été initialement un succès. L’action a ainsi atteint un pic à environ 70 dollars fin 2013, pour amorcer ensuite une longue descente aux enfers. En cause : l’essoufflement de la croissance de l’entreprise et son incapacité à devenir rentable. En 2016, l’action est ainsi tombée à un plancher d’environ 14 euros. Mais l’action Twitter a gagné environ 12% hier et a peu près doublé de valeur sur les quatre derniers mois. Son président Jack Dorsey peut bomber le torse : le nombre d’utilisateurs quotidiens de Twitter progresse de plus de 10% depuis cinq trimestres d’affilée. La croissance du nombre d’utilisateurs qui utilisent le média social au moins une fois par mois est beaucoup moins spectaculaire : 4% à 330 millions l’an dernier, nulle au cours du trimestre écoulé.

Premier bénéfice trimestriel de l’histoire

La grande nouvelle d’hier fut cependant le premier bénéfice trimestriel publié par l’entreprise en onze ans d’existence. Mais ce bénéfice est surtout le fruit d’une baisse des coûts consécutive à une restructuration antérieure. La légère croissance du chiffre d’affaires (2%, après quatre trimestres de baisse consécutive) apporte également une contribution positive. Twitter a ainsi réalisé un bénéfice net courant de 91 millions de dollars au cours du trimestre écoulé. Pour l’ensemble de l’année, le groupe a cependant essuyé une perte d’environ 95 millions de dollars.

Handicap structurel

Il est bien entendu positif que Twitter parvienne enfin à enregistrer un bénéfice. Mais l’entreprise éprouve toujours autant de difficultés à élargir sa base d’utilisateurs. Et le principal problème de Twitter reste son incapacité à la monétiser. Le chiffre d’affaires de l’entreprise se compose pour environ 85% de revenus publicitaires. Contrairement à Google et Facebook (ensemble 25% des revenus publicitaires mondiaux et plus de 60% de tous les revenus publicitaires sur Internet) qui continuent à enregistrer une croissance à deux chiffres de leurs recettes publicitaires, Twitter ne parvient pas à accroître ses revenus. Avec ses 330 millions d’utilisateurs, Twitter est certes un acteur (de niche) qui compte dans le paysage des médias sociaux, mais tant que l’entreprise ne trouvera pas de solution à ses maigres revenus publicitaires, il lui sera difficile de convaincre réellement les marchés.



Cet article a été rédigé par Bernard Thant

le 9 février, 2018

Bernard Thant a obtenu son diplôme en Sciences Commerciales à l’EHSAL (maintenant connu sous le nom Hogeschool-Universiteit Brussel, un collège universitaire à Bruxelles), puis a suivi un cours complémentaire d'un an en Finance et Gestion d'Actifs. Après ses études il a fait la plus grande partie de sa carrière chez Société Générale Private Banking Belgique (précédemment Banque de Maertelaere) en tant qu'analyste financier puis gestionnaire de portefeuille actions. Bernard a rejoint l’équipe Econopolis Wealth Management en septembre 2014 comme analyste financier actions.