La semaine des marchés financiers

Cette semaine, le principal paramètre qui a soutenu les marchés financiers fut l’espoir que le président américain Donald Trump introduise son programme fiscal, qui comprend notamment un abaissement de la plus haute tranche d’imposition sur les revenus des personnes physiques (de 40% à 35%) et une réduction de l’impôt des sociétés de 35% à 20%. En outre, un avantage fiscal significatif a été évoqué sur les investissements d’entreprises, de même qu’un abaissement de l’impôt sur le rapatriement des bénéfices outre-mer. Ce dernier est déjà un point de discussion depuis longtemps car les entreprises américaines ont plus de 1000 milliards de dollars US de bénéfices hors Etats-Unis qu’elles ne rapatrient pas (pour consentir des investissements, par exemple) au motif qu’ils seraient imposés

trump-amerikaanse-belastingplannenCette semaine, les marchés financiers ont indiqué (au travers d’une hausse des Bourses et des taux) qu’il existe une chance réelle que le président Trump mette ses projets à exécution. L’abaissement des taux donnerait lieu à des bénéfices nets plus élevés et relancerait la croissance économique. Naturellement, le track-record du président Trump n’est pas exceptionnel, si l’on considère la proportion des projets concrétisés par rapport à ses promesses électorales. Cela dit, avec une majorité républicaine au parlement, il y a beaucoup de chances que celui-ci soit mis en œuvre. Le plus grand risque est qu’une partie du Parti républicain exige une opération neutre budgétairement. Si c’est le cas, le projet ne sera pas exécutable (en tout cas à court terme) dans la mesure où le déficit budgétaire augmentera sensiblement du fait des revenus fiscaux en baisse.

Pour l’heure, le marché financier semble penser en tout cas que le plan a de grandes chances de succès, ce qui les a portés à un nouveau record historique, a donné lieu à un renforcement du dollar et à une hausse des taux sur les obligations d’Etat américaines. Ce dernier facteur surtout peut devenir un problème tôt ou tard et freiner la hausse ultérieure des marchés boursiers. Les niveaux de taux actuels sont encore très faibles, et les valorisations des actions sont en conséquence plus élevées. Si les taux continuent de progresser, la hausse des valorisations peut être freinée, et donc mettre les marchés boursiers sous pression.

Par ailleurs, les statistiques du chômage ont été publiés aux Etats-Unis aujourd’hui (monthly pay-rolls). C’est toujours l’un des indicateurs macroéconomiques les plus anticipés par le marché. Pour la première fois depuis 2010, le nombre d’emplois a baissé aux Etats-Unis (-33 mille emplois), et il est probable qu’une partie de ce chiffre s’explique par les ouragans qui ont touché les Etats-Unis au cours de la période écoulée. Fondamentalement, l’économie semble plutôt en redressement ; les “average hourly earnings”, une indication de la hausse salariale aux Etats-Unis (à 2,9%) furent nettement plus élevés que prévu. Le taux de chômage a également baissé de 4,4% à 4,2%.



Cet article a été rédigé par Maarten Geerdink

le 6 octobre, 2017

Son diplôme d’économiste de l’Université d’Amsterdam en poche, Maarten Geerdink a commencé sa carrière comme consultant en corporate finance. Il a ensuite pris la fonction de portfolio manager pour un fonds de pension néerlandais et un asset manager alternatif de Londres. En 2009, il a commencé à travailler à Bruxelles pour Petercam, où il fut gestionnaire de plusieurs fonds de total return mais aussi responsable de la stratégie d’investissement. Chez Econopolis, Maarten est Chief Investment Officer. A la tête du comité d’investissement, il est l'ultime responsable de la politique d’investissement.