Le marché belge de l’emploi tourne à pleine régime

Cette semaine a été marquée par l’annonce de licenciements massifs chez Carrefour, qui a déclenché une vague de commentaires trompeurs au sujet de notre économie et de notre marché de l’emploi. Ceux-ci se portent bien actuellement, et il semble que l’année 2018 sera encore meilleure. Et les licenciements chez Carrefour n’y changeront rien.

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La confiance des chefs d’entreprises belges a progressé en janvier à son plus haut niveau depuis 2011. Cette confiance suggère que l’économie est bien partie pour enregistrer une croissance de plus de 2%. Cette dynamique positive trouve écho sur le marché de l’emploi. Le taux de chômage est revenu à 6,7%, son plus faible niveau depuis 2008. En outre, le marché de l’emploi a créé quelque 70.000 emplois supplémentaires, soit près de 6.000 par mois. En seule Flandre, courant 2017, près de 260.000 postes vacants ont été comblés. La vague de licenciements chez Carrefour est évidemment une mauvaise nouvelle pour les intéressés (en tout cas à court terme), mais cela ne change rien au climat positif du marché de l’emploi belge. Même dans le commerce de détail, ces dernières années, le nombre d’emplois a augmenté, en l’occurrence de quelque 13.000 sur les dix dernières années. La situation actuelle du marché de l’emploi est telle que pour les salariés licenciés, les possibilités de reclassement sont plus que suffisantes, à plus forte raison pour ceux qui ont la formation et l’accompagnement adéquats.

L’histoire de Carrefour est « juste » celle d’une entreprise qui a pris les mauvaises décisions dans un secteur en pleine mutation et est aujourd’hui contrainte de s’adapter pour assurer sa pérennité. On aurait tort d’y voir l’échec de notre marché de l’emploi ou de notre politique en matière d’emploi. L’appel à une plus grande protection contre les licenciements collectifs s’inscrit également dans ce cadre. De tous les pays industrialisés, la Belgique est déjà – et de loin – celui qui a le plus de règles applicables au licenciement collectif. Celles-ci n’empêchent pas que dans certaines circonstances, la réalité économique rende ces licenciements nécessaires.

La politique du marché de l’emploi telle qu’appliquée en Belgique n’est certes pas parfaite mais même une politique infaillible n’empêcherait pas les licenciements. L’essentiel étant que de nouveaux emplois soient sans cesse créés. L’accent doit être placé sur la sécurité d’emploi en général, pas sur la sécurité du poste du travail, au travers de règles rigides sur le licenciement.



Cet article a été rédigé par Bart Van Craeynest

le 26 janvier, 2018

Après ses études d’économie à l’UFSIA, Bart Van Craeynest a rejoint le secteur financier en tant qu’économiste. Il suit depuis plus de 15 années déjà les évolutions économiques en Belgique et à l’international, et jauge l’impact de ces dernières sur les marchés financiers. Après un long passage chez une grande banque belge, il est devenu économiste en chef d’un organisme financier en 2010. Depuis 2015, Bart Van Craeynest est l’économiste en chef d’Econopolis. Il est co-responsable du scénario économique de la maison et à ce titre étroitement impliqué dans la définition de la stratégie d’investissement.