Les actions automobiles américaines à nouveau (temporairement?) au goût du jour

Grâce notamment au soutien de statistiques mensuelles de ventes record sur l’année, les actions des grands constructeurs automobiles américains ont connu un excellent mois. Nous verrons dans les prochains mois si ce redressement de cours est durable.

autoEn septembre, les ventes automobiles ont augmenté de plus de 6% en rythme annuel, à 1,52 million de véhicules. General Motors (GM) a écoulé 12% de véhicules supplémentaires, contre près de 9% pour Ford sur le mois écoulé. Le groupe japonais Toyota s’est lui aussi très bien comporté, avec une hausse de ses ventes de près de 15%. Fiat Chrysler a vendu près de 10% de véhicules en moins, mais a tout de même dépassé les attentes. Ce repli est totalement imputable à la baisse des ventes aux entreprises de location de véhicules. Les solides chiffres pour le secteur aux Etats-Unis sont essentiellement attribuables à l’ouragan Harvey, qui a freiné les ventes en août et relancé les achats en septembre, car la tempête a emporté de nombreux véhicules. L’évolution des ventes durant le reste de l’année dépendra en partie de la politique de réductions appliquée par les constructeurs automobiles.

Ford réélabore sa stratégie

hackettDepuis le plancher de la mi-août, le cours de Ford s’est redressé de quelque 16%. Cela dit, depuis le début de l’année, son titre est à peine dans le vert. En mai dernier, la société a remercié son CEO Mark Fields, qui n’y opérait que depuis la mi-2014. Depuis son arrivée cependant, le constructeur n’a cessé de perdre des parts de marché. Qui plus est, Fields avait perdu la confiance des actionnaires (comme en témoigne le tassement de cours de 40% depuis son arrivée). C’est James Hackett qui lui succède, qui dirigeait jusqu’en mai la division Smart Mobility. Cette semaine, le nouveau CEO a présenté la nouvelle stratégie du groupe. Ford s’en tient à son objectif de marge de 8% pour sa branche Auto, mais il se pourrait qu’il faille attendre jusque 2020, voire au-delà, avant que cet objectif puisse être réalisé. À cet effet, l’entreprise va économiser 14 milliards de dollars. Forse misera aussi moins sur les berlines classiques et les moteurs à combustion par rapport aux SUV et aux pick-ups, mais aussi aux véhicules électriques et hybrides. Pour alléger ses coûts et diversifier les risques, Ford conclura du reste davantage de partenariats dans le cadre de projets de pièces automobiles et de construction de véhicules dans les marchés émergents, ou encore de véhicules électriques.

Avec une hausse de cours d’environ 25%, GM s’est mieux comporté que son rival Ford en Bourse cette année. GM a vendu sa filiale européenne à problèmes Opel au groupe français PSA, et se concentre désormais sur les Etats-Unis et l’Asie. La direction de GM a promis cette semaine de lancer 20 véhicules purement électriques d’ici 2023. Le successeur de la Chevy Bolt/Opel Ampera que le groupe vend depuis cette année n’est certes pas un vif succès commercial, mais le modèle démontre que GM a les capacités suffisantes pour développer des véhicules électriques purs.

teslaLundi, Tesla a dû admettre qu’il n’avait pu construire que 260 de son nouveau Model 3 au trimestre écoulé, au lieu des 1.500 prévus. Ce n’est pas une réelle surprise, car le directeur Elon Musk a déjà indiqué que l’accroissement de sa capacité de production serait très difficile. Qui plus est, il n’est pas inhabituel que les constructeurs automobiles rencontrent certains problèmes au lancement de la ligne de production de nouveaux modèles automobiles. Malgré les commentaires négatifs dans les médias, l’action de Tesla n’a pas été sous pression. Les investisseurs se sont peut-être davantage concentrés sur les chiffres de ventes record des modèles S et X. Tesla inspire toujours des sentiments mitigés. D’une part, l’action compte énormément de fans, qui apprécient chez Tesla son avance technologique en matière de construction de véhicules électriques, son directeur visionnaire et la percée sur le marché des voitures de luxe abordables. D’autre part, Tesla est aussi une action populaire parmi les shorters. Ceux-ci pointent toutefois du doigt sa valorisation très élevée pour une entreprise qui ne réalise pas encore de bénéfices, et sur l’avalanche de lancements de produits par la concurrence prévue pour les prochaines années.

La construction automobile demeure une activité cyclique. Le marché automobile américain s’est très bien comporté depuis la crise de 2009. Cela dit, nous ne prévoyons pas directement de repli drastique car la demande de voitures dépend essentiellement du marché du travail, qui évolue encore positivement. Outre le caractère cyclique, les constructeurs automobiles doivent veiller à surfer sur les grandes tendances comme l’électrification, la voiture autonome et l’essor des services de mobilité.



Cet article a été rédigé par Bernard Thant

le 6 octobre, 2017

Bernard Thant a obtenu son diplôme en Sciences Commerciales à l’EHSAL (maintenant connu sous le nom Hogeschool-Universiteit Brussel, un collège universitaire à Bruxelles), puis a suivi un cours complémentaire d'un an en Finance et Gestion d'Actifs. Après ses études il a fait la plus grande partie de sa carrière chez Société Générale Private Banking Belgique (précédemment Banque de Maertelaere) en tant qu'analyste financier puis gestionnaire de portefeuille actions. Bernard a rejoint l’équipe Econopolis Wealth Management en septembre 2014 comme analyste financier actions.

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