Les bases d’une année 2019 très turbulente

Si cette semaine est la prémière semaine  des vacances de Noël, les marchés financiers n’ont droit ni à la traditionnelle atmosphère de vacances traditionnelle, ni à un repos bien mérité. Les actions ont subi une nette correction qui s’est accélérée après la réunion de la banque centrale américaine (FED), laquelle a décidé non seulement de relever le taux, mais aussi de poursuivre – en principe – sur cette voie l’an prochain.

geert-noels-webLa sévère correction subie par les marchés d’actions s’explique par le fait qu’ils tablaient plutôt sur un répit. Remarquons cependant que les marchés obligataires et les investisseurs en métaux précieux ont réagi au discours de la Fed avec une certaine circonspection. Ils estiment manifestement que la conjoncture va se détériorer plus rapidement que prévu et que Jay Powell (le président de la Fed) finira par céder. Plus encore : ils pensent qu’il le sait déjà, mais tente de ne pas exprimer trop rapidement son inquiétude.

Ainsi Donald Trump a-t-il posé les bases d’une année 2019 très turbulente. Il a considérablement dégradé les relations commerciales avec plusieurs pays, dont la Chine, et met régulièrement en question l’indépendance de la banque centrale américaine. Le boomerang est en train de revenir dans le visage de l’économie américaine : les exportations ralentissent (mais elles ne constituent qu’une petite partie de l’économie américaine), le marché immobilier semble refroidir et le marché du travail commence à tirer la langue. La croissance mondiale sera décevante en 2019, et l’on peut même commencer à craindre une récession. Laquelle pourrait être saine pour l’économie, mais reste une épreuve douloureuse pour les investisseurs.

Entre-temps, les cours du pétrole connaissent un énorme creux : la correction d’environ 35% est exceptionnelle sur un laps de temps aussi court. Trop de spéculateurs se sont montrés trop optimistes et sont à présent contraints de liquider leurs positions à la hâte. Mais il faut également y voir l’effet d’une surproduction liée à la soif de devises d’États pétroliers comme l’Arabie saoudite la Russie, alors que la production de pétrole de schiste tourne à plein régime aux États-Unis. Pour cette dernière, produire à des cours aussi pétrole paraît un peu suicidaire. D’autre part, on peut s’attendre à ce que la conjonction de problèmes écologiques et financiers finisse par avoir raison du pétrole de schiste.

La baisse de 35% du cours du pétrole a pesé sur plusieurs monnaies. La NOK a abandonné ses gains annuels sous la pression du momentum négatif de l’or noir. Traditionnellement, c’est aussi la mauvaise période de l’année pour les Scandinaves. D’autre part, les cours du pétrole sont en train d’atteindre leur plancher, alors que le différentiel de taux soutient la monnaie norvégienne.
Pour 2019, nous craignons surtout que le roi dollar perde de ses plumes. La FED devra modérer sa stratégie de taux, Trump n’est pas partisan d’un dollar trop fort et les déficits jumeaux font à nouveau parler d’eux. L’USD s’est beaucoup trop apprécié, surtout vis-à-vis d’autres monnaies que l’euro. Notons également que les positions acheteuses en USD sont historiquement élevées, ce qui est généralement un bon contre-indicateur.



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Cet article a été rédigé par Econopolis

le 29 décembre, 2018