On ne s’ennuie jamais avec Qualcomm (2).

Fin janvier, nous indiquions encore que l’actualité serait chargée chez Qualcomm. L’entreprise a ainsi à nouveau fait couler l’encre la semaine dernière. La direction de Qualcomm a profité du week-end prolongé aux États-Unis (les Bourses américaines étaient fermées lundi pour le « President’s Day ») pour trouver un accord définitif sur l’acquisition de NXP. Broadcom – qui a récemment lancé une offre sur Qualcomm – n’a pas tardé à réagir.

Surenchère sur NXP

qcJeudi dernier, Qualcomm a relevé son offre sur NXP de 16% à 127,5 dollars par action (en cash). Cette surenchère n’était pas inattendue. L’offre initiale datait de fin octobre 2016 et NXP a enregistré d’excellents résultats depuis (bénéfice opérationnel en hausse de 20% en 2017), alors que les multiples d’acquisitions ont augmenté dans le secteur des semi-conducteurs. De plus, des actionnaires activistes avaient pris une participation dans NXP et exigeaient une offre plus élevée (Elliott Advisors voulait 135 dollars par action). L’offre relevée de Qualcomm les a séduits. Au total, la nouvelle offre a déjà convaincu neuf actionnaires qui représentent 28% des actions NXP. Qualcomm a également trouvé un accord avec le conseil d’administration de NXP : l’offre ne doit plus obtenir l’aval que de 70% des actionnaires, alors que le seuil était fixé précédemment à 80%. Avec cette nouvelle offre, l’acquisition de NXP est presque actée. Seul le ministère chinois du Commerce doit encore approuver la transaction, mais la direction de Qualcomm a bon espoir d’obtenir rapidement son feu vert.

Broadcom relève, puis abaisse son offre…

bdEn novembre dernier, Broadcom a lancé une offre de 130 milliards de dollars sur Qualcomm. Broadcom proposait 70 dollars par action, dont 60 dollars en cash et le reste en actions Broadcom. Début février, Broadcom a relevé son offre à 82 dollars par action (60 dollars en cash et le solde en actions). Même si l’offre inclut certaines conditions (entre autres, Qualcomm ne pouvait pas relever son offre sur NXP), elle a convaincu plusieurs membres du conseil d’administration et de la direction de Qualcomm de s’entretenir avec des représentants de Broadcom à la Saint-Valentin. Les discussions n’ont cependant pas donné grand-chose. Selon Qualcomm, l’offre reste insuffisante et comporte trop de risques (trop peu de garanties concernant l’approbation de l’opération par différentes instances internationales, indemnités de rupture trop faibles en cas de refus). Après que Qualcomm a relevé son offre sur NXP, Broadcom a abaissé la sienne sur Qualcomm de 3 dollars à 79 dollars par action (57 dollars en cash et le solde en actions).

… et refuse pour l’instant d’abandonner

Qualcomm tiendra son assemblée générale annuelle le 6 mars. Broadcom veut convaincre les actionnaires de Qualcomm de nommer six de ses représentants au conseil d’administration de Qualcomm (qui compte 11 membres). Elle espère ainsi forcer Qualcomm à discuter de l’acquisition. L’acquisition de NXP, presque bouclée, améliore la position stratégique de Qualcomm (profil de croissance plus favorable). Avec le souffle de Broadcom dans sa nuque, la pression est cependant intense sur la direction de Qualcomm. Pour ranger derrière elle ses actionnaires, Qualcomm a promis au début de l’année un bénéfice par action de 6,75 à 7,5 dollars en 2019 (4,55 à 5,3 dollars hors charges d’acquisition et rémunération de la direction en actions). La direction a confirmé cet objectif quand elle a relevé son offre sur NXP. Le vote des actionnaires le 6 mars déterminera si Broadcom a encore une chance de mettre la main sur Qualcomm.



Cet article a été rédigé par Bernard Thant

le 23 février, 2018

Bernard Thant a obtenu son diplôme en Sciences Commerciales à l’EHSAL (maintenant connu sous le nom Hogeschool-Universiteit Brussel, un collège universitaire à Bruxelles), puis a suivi un cours complémentaire d'un an en Finance et Gestion d'Actifs. Après ses études il a fait la plus grande partie de sa carrière chez Société Générale Private Banking Belgique (précédemment Banque de Maertelaere) en tant qu'analyste financier puis gestionnaire de portefeuille actions. Bernard a rejoint l’équipe Econopolis Wealth Management en septembre 2014 comme analyste financier actions.