Notre vision des marchés boursiers

Nous sommes heureux de vous livrer notre vision des marchés boursiers. Quelle devrait être leur évolution logique ? Voici une actualisation.

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Bourse européenne (3 mois d’anticipation) et Indice conjoncturel IFO) – La Bourse a trois mois d’avance sur la conjoncture

Haute conjoncture vs faible conjoncture

Les investisseurs en actions s’interrogent sans cesse sur l’évolution future de l’économie. Lorsque la conjoncture est favorable, les bénéfices coulent à flot et les entreprises présentent des résultats enviables. Du pain béni pour les investisseurs. Inversement, dans un scénario de faiblesse conjoncturelle, les bénéfices sont inférieurs aux attentes. Les marchés boursiers sont en principe concentrés sur le très long terme mais ils n’en demeurent pas moins sensiblement impactés par le court terme, la conjoncture.

Si l’on représente à la fois le baromètre conjoncturel et l’indice boursier sur un seul graphique, il ne fait aucun doute que les Bourses anticipent le baromètre conjoncturel. Si elle est étonnante, cette information est aussi très utile. Si l’on pense que l’économie ralentira au cours des 12 prochains mois, il ne faudra pas attendre grand-chose des marchés boursiers. Notons que les indicateurs conjoncturels sont restés relativement solides, à plus forte raison si l’on tient compte de l’actualité négative qui a déferlé depuis les velléités belliqueuses de Trump.  Sur les marchés émergents, les conséquences de « Trumponomics » sont déjà évidentes. À présent, ces effets se propagent à l’Europe.

Actions vs obligations

D’autre part, ce type de contexte incite généralement les investisseurs en actions à basculer vers le marché obligataire. Une conjoncture faiblarde est en effet une aubaine pour les obligations car la pression sur les taux est alors baissière. Hélas, les taux sont très faibles en Europe (0,5%) et l’inflation assez élevée (2,75% en Belgique, soit un peu moins que dans le reste de l’Europe). Parallèlement, la BCE resserre sa politique monétaire puisqu’elle interrompt progressivement les rachats de titres de dettes. Les taux peuvent donc encore difficilement être abaissés, et les obligations n’offrent dès lors pas d’alternative valable.

Les investisseurs feraient-ils mieux, dès lors, de rester à l’écart dans les prochains mois ? De tout miser sur les liquidités ? L’idée n’est pas insensée, mais les taux de la BCE sont négatifs (-0,5% environ), ce qui rend cette alternative peu productive. Nous tentons pour notre part de rester le plus liquide possible tout en évitant les effets des taux négatifs sur les liquidités. L’époque actuelle est en effet intéressante mais complexe. Et riche en défis pour les investisseurs.

Inconvénient vs avantage

Comme l’a affirmé la star du foot néerlandaise Johan Cruijff : « Chaque inconvénient a son avantage ». La bonne nouvelle, c’est que la Bourse tient généralement compte du scénario le plus négatif. En six mois, elle peut basculer du paradis à l’enfer : d’une haute conjoncture à une faible conjoncture. Dans ce cas, on préférera un taux négatif au risque d’une correction boursière, et on espérera obtenir de belles primes de risque et acheter à bon compte.

La patience est le cas échéant la meilleure alliée de l’investisseur : les liquidités et le faible risque seront ses refuges, en attendant de revenir sur le marché et profiter de prix d’achat plus avantageux. Reste à identifier les premiers signaux positifs.

Parmi les entreprises de début de cycle comme celles actives dans les secteurs industriels ou des semi-conducteurs, les corrections ont déjà été particulièrement sensibles. Ces valeurs seront les premières à redevenir dignes d’achat. Les marchés émergents sont également essentiellement de début de cycle. Le président Trump, renforcé par les élections de mi-mandat, pourrait exercer de nouvelles pressions sur la Chine en fin de mois. Il ne prétendra pas signer d’accord commercial avantageux. Ce qui pourrait à son tour une dernière fois agiter les marchés émergents et offrir une opportunité d’achat à ceux qui n’y sont pas encore investis.

Ce que Trump a semé, il le récoltera tôt ou tard. La Chine et l’Europe réagiront. Mais les effets de cette contre-offensive ne seront palpables aux Etats-Unis que d’ici 6 à 9 mois. Les actions américains se maintiennent donc encore bien jusqu’à présent. Les entreprises US ne ressentent pas encore la douleur qui commence à étreindre leurs homologues européennes et asiatiques.



Econopolis

Cet article a été rédigé par Econopolis

le 12 novembre, 2018

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