Que valent 1.000.000.000.000.000.000.000 octets?

Particuliers et entreprises produisent de plus en plusde données, qui sont traitées de plus en plus efficacement par ailleurs. Désormais, des algorithmes intelligents sont parfois plus performants que les meilleurs radiologues dans le suivi de l’évolution d’une tumeur ou d’une maladie comme Alzheimer sur des scanners de cerveau. En résumé, Les données sont les nouvelles matières premières des entreprises.

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Une croissance hallucinante

Nous avons connu successivement les kilo-octets, les mégaoctets, les giga-octets (à partir de 1996), les téra-octets, les pétaoctets, les exaoctets (à partir de 2006) pour en arriver aujourd’hui aux zettaoctets (à partir de 2016). Un zettaoctet compte quelque 1.000.000.000.000.000.000.000 d’octets. De plus en plus de données sont générées, analysées et sauvegardées. Les principales applications cloud, comme le BPaaS (Business Process as a Service), l’IaaS (Infrastructure as a Service), le PaaS (Platform as a Service) et le Saas (Software as a Service ; pensez aux suites CRM et Office) n’ont pas terminé leur progression. L’industrie des semi-conducteurs, avec des acteurs comme Qualcomm, Samsung Electronics, Applied Materials et ASML… occupe elle aussi une part de plus en plus importante de l’économie mondiale. Le machine learning enregistre des progrès rapides avec les quantités de plus en plus importantes de données disponibles ; des données qui peuvent être traitées en temps réel via des réseaux mobiles et des ordinateurs dont la puissance de calcul est en augmentation constante. Évidemment, cette tendance offre des opportunités énormés mais recèlent également des risques. Qui à leur tour peuvent se transformer en opportunités pour la cybersecurity!

Des chiffres solides

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Amazon Web Services a vu sa valeur multipliée par un facteur 40 en dix ans. Apple a enregistré un bénéfice net de plus de 48 milliards de dollars sur l’exercice fiscal 2017, grâce à la part de marché extrêmement solide de l’entreprise dans le segment des smartphones haut de gamme (on recense aujourd’hui quelque 3,5 milliards de smartphones dans le monde). Microsoft a profité de son offre de logiciels et de services cloud pour accroître son bénéfice de 16% à près de 26 milliards de dollars durant l’exercice 2017. Il dépassera la barre des 30 milliards de dollars au terme de l’exercice fiscal 2018. Les systèmes cognitifs et d’IA ont enregistré un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars en 2016. Ils devraient atteindre 46 milliards de dollars d’ici 2025, soit un CAGR (taux de croissance annuel moyen) de 55%. Six des dix entreprises qui affichent la plus lourde capitalisation boursière aujourd’hui n’existaient d’ailleurs pas encore il y a vingt ans.

Pas de dot.com bis

On se demande souvent si le secteur technologique n’est pas survalorisé. Vous rappelez-vous la crise dot.com ? En 2001, le Nasdaq-100 affichait un cours/bénéfice moyen de 75-100 qui reposait surtout sur les promesses de bénéfices futurs. Il avait atteint un record historique avec des valorisations supérieures de 120% à la moyenne du S&P500 pour les actions technologiques. Aujourd’hui, ce même Nasdaq-100 se traite à un rapport cours/bénéfice d’environ 20 et les 100 plus grandes entreprises sont très rentables. Elles ont donc un historique démontrable.

Le mois d’octobre ne fut pas favorable aux marchés en général, et au secteur technologique en particulier, ce qui s’est traduit par une correction plus ou moins sévère en fonction des entreprises. Des paramètres macroéconomiques comme le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, ou le retard de croissance de certains pays-clés ont surtout affecté les secteurs enregistrant la plus forte croissance. Malgré les fondamentaux solides, le secteur technologique a également pris une raclée.

Certaines enseignes technologiques avaient déjà connu un impressionnant rally en 2018, et on attendait dès lors des fenêtres d’entrée plus intéressantes avant de se positionner. Celles-ci pourraient bientôt apparaître. Le graphique illustre l’évolution de cours du baromètre large S&P500, de l’indice technologique NASDAQ et de plusieurs actions de l’univers technologique. Alors que le S&P500 s’est replié d’un peu moins de 7%, le Nasdaq a perdu 9,1% de sa valeur. Au sein même du NASDAQ, on note d’importantes divergences. Nvidia, producteur de puces utilisées dans des applications liées à la cryptomonnaie et aux jeux, a dévissé de pas moins de 27,8%. Apple en revanche, mastodonte diversifié, a relativement bien tenu le cap dans ce contexte difficile : il a reflué de 3,7%.

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Les divergences significatives en termes de corrections démontrent que le suivi actif et efficace du secteur est déterminant et que des moments tels que celui-là créent des opportunités ‘buy-the-dip’. Stratégiquement, il nous semble préférable de ne pas se positionner directement dans des entreprises en forte croissance mais d’attendre patiemment des évolutions de marché favorables pour pouvoir ramasser des positions à bon compte.

Le changement très rapide est plutôt la règle que l’exception dans le secteur technologique. Cette caractéristique exige une analyse étayée, fondée sur l’expérience. Cette analyse ne s’effectue jamais sur la base d’un seul paramètre. La clé consiste à prévoir l’avenir sur la base de différents paramètres boursiers combinés – pour les entreprises plus expérimentées – à la santé du bilan. Il est également essentiel de considérer la “juste” croissance : les grandes entreprises en place doivent être abordées différemment par rapport aux jeunes entreprises. C’est le Senior Portfolio Manager et spécialiste de la technologie Marc Langeveld et l’Operations & Technology Officer Matthieu Jacobs qui sont chargés de suivre le secteur. Récemment, ils ont visité plusieurs entreprises de la Silicon Valley en compagnie de l’économiste en chef d’Econopolis Geert Noels.



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Cet article a été rédigé par Econopolis

le 16 novembre, 2018