Qu’en est-il de la croissance de la zone euro ?

Que nous soyons en Italie, en France, en Allemagne ou en Belgique, nous payons tous avec une seule et même devise : l’euro. Mais un euro n’est pas l’autre… Et ça se ressent dans le monde entier.

Le calme sans la tempête ?

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Les États-Unis et la Chine semblent avoir enterré la hache de guerre commerciale. Contre toute attente, Donald Trump évite de remettre de l’huile Twitter sur le feu en 2019. La Réserve fédérale, son antipode national, s’est également montrée très modeste ces dernières semaines. L’économie nationale se porte bien, le taux de chômage est historiquement bas et les salaires sont revus à la hausse… Mais avant de définir l’orientation de sa politique, la banque centrale américaine souhaite prendre la température de l’économie à travers le monde. Le président de la FED, Jerome Powell, prônait jusque-là l’augmentation progressive des taux pour parvenir à un niveau plutôt neutre, un niveau qui ne stimule ni ne freine la croissance économique, mais l’idée semble avoir été mise aux oubliettes. Lors de sa conférence de presse fin janvier, il a toutefois souligné son intention de surveiller, avec une attention toute particulière, le taux de croissance de la zone euro et d’agir en fonction. Outre le taux de croissance en Chine et le ‘shutdown’, c’est le sort réservé à la zone euro qui déterminera la qualité de son sommeil, indiqua Powell. Dire de quoi demain sera fait et une chose particulièrement difficile pour la zone euro.

Des sentiments partagés

La croissance économique de la zone euro des 3 derniers mois de 2018 équivaut à seulement la moitié du 1etrimestre tout entier. C’est ce qu’ont révélé les données publiées par L’agence Eurostat la semaine dernière. L ’économie allemande est une des principales intéressées. Fin 2018 elle était même proche d’entrer en récession. Vu que l’Allemagne est un partenaire commercial important pour la Belgique, cela s’est également fait ressentir au sein de notre pays. Le taux de croissance en est au point le plus bas depuis 4 ans.

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À notre grande surprise, les Gilets jaunes n’ont eu que très peu d’impact sur l’économie de la zone euro. On craignait que le mouvement pèse sur l’économie française, mais ça n’a pas été le cas.

Macron a été malin : faire baisser la pression fiscale en diminuant quelques impôts et en étoffant l’économie de divers stimuli.

alex-vasey-1136412-unsplashÉtonnamment – surtout pour ceux qui connaissent un peu la France – il n’y a eu que très peu de grèves durant le dernier trimestre. La France obtient donc de meilleurs résultats que prévu. L’Italie, quant à elle, reste le mauvais élève de la classe. Pour la première fois depuis 2013, la botte italienne est entrée en récession. L’économie du pays a baissée de 0,2 % par rapport au troisième trimestre, c’est plus qu’initialement prévu par les analystes. La croissance annuelle reste en légère hausse, mais l’économie s’est vue baisser de trimestre en trimestre dès le second semestre de l’année 2018. Le gouvernement italien, sous la direction de Giuseppe Conte, tente de stimuler l’économie, mais en fin de compte leurs efforts ne font qu’accentuer l’inquiétude des marchés financiers. La semaine dernière, Giuseppe Conte a officiellement reconnu que l’économie du pays était en mauvaise posture et qu’elle avait “probablement” rétréci au cours du quatrième trimestre. Les mauvais résultats mettent la pression : le gouvernement à Rome doit intervenir. Lors de l’élaboration du plan budgétaire, Conte et ses ministres partaient d’un scénario économique bien plus optimiste. Les conséquences se font principalement ressentir chez monsieur tout le monde. Les banques italiennes rencontrent des difficultés à se financer ce qui implique qu’ils peuvent/veulent octroyer moins de prêts aux familles et aux entreprises locales.

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Best Belgium

La zone euro fait donc naître des sentiments partagés. Il y une croissance, certes, mais on peut difficilement la qualifier de spectaculaire. En se basant sur les chiffres de Eurostat, il ressort clairement que l’économie au sein de la zone euro a grandi de 1,2 % par rapport à 2017. Comparé au trimestre précédent, cela se traduit par une croissance modérée de 0,2 %.

En janvier, la Belgique semblait faire partie des meilleurs élèves de la classe au sein de la zone euro. À quatre près, le Bel20, l’indice qui regroupe les 20 sociétés les plus importantes de la bourse de Bruxelles, a connu son meilleur mois en 10 ans : +7,3 %. Il n’y a qu’en 2009, après la pire année boursière jamais connue – souvenez-vous, et en 2015, que l’on a pu observer un retour de croissance mensuel plus élevé. Mais soyons honnête, ce mois particulièrement bon a suivi une période plutôt délicate au niveau de la Bourse. Début décembre, le Bel 20 était descendu de 20 % par rapport au pic de janvier 2018, il s’est donc retrouvé à la baisse. Le mois passé est apparu sous un nouveau jour. En un mois, un cinquième du cours des actions cotées à Bruxelles a évolué favorablement, à savoir de 10 %. À croire que le silence qui règne au beau milieu de la tempête commerciale entre les États-Unis et la Chine inspire les investisseurs…



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Cet article a été rédigé par Econopolis

le 8 février, 2019