Soulagement sur les marchés

Après les turbulences de la semaine dernière, c’est le soulagement qui a prédominé sur le marché cette semaine. En dépit d’une volatilité toujours nettement supérieure à ce qui était la norme en 2017, les indices d’actions des principales régions ont gagné 3 à 4%. On peut ainsi se demander s’ils se sont déjà adaptés au scénario de taux plus élevé et ont amorcé une nouvelle phase de hausse à long terme. Car peut-être le calme relatif de la semaine dernière n’était-il qu’une pause temporaire, et le pire doit-il encore venir. Il va de soi que la réponse à cette question sera cruciale pour la stratégie d’investissement des semaines et des mois à venir.

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Dans ce contexte, on scrutait la semaine dernière avec plus d’attention qu’à l’ordinaire la publication des statistiques de l’inflation aux États-Unis pour janvier. Celles-ci n’ont finalement pas apporté de surprise, avec une inflation totale stable à 2,1% et une inflation de base (c’est-à-dire hors composants volatils comme l’alimentation et l’énergie) à 1,8%. Pourtant, les signes d’une accélération progressive de l’inflation se multiplient. La hausse des cours des matières premières, la dépréciation du dollar, les projets plus en plus nombreux d’augmentations de tarifs par les entreprises et la pénurie sur le marché du travail, qui pèse peu à peu sur les salaires, sont autant de facteurs qui interviennent déjà, mais devraient peser encore plus lourd au cours des trimestres à venir.

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Ces derniers mois, les marchés obligataires se sont adaptés à une nouvelle réalité de hausse (enfin !) de l’inflation et de fin de la période de quantités illimitées d’argent gratuit mises à disposition par les banques centrales. Ces banques centrales tentent depuis longtemps de communiquer sur l’infléchissement de leur politique, mais le marché ne semble prendre ce message au sérieux que maintenant. Cette adaptation à la réalité ne s’est pas encore totalement accomplie. De nouveaux signes de regain inflationnistes sont attendus courant 2018, et les banques centrales prendront de nouvelles mesures vers une politique monétaire plus restrictive. Cette combinaison pourrait entraîner une nouvelle augmentation des taux obligataires.

Entre-temps, les marchés d’actions sont influencés par des forces opposées. D’une part, les perspectives économiques restent positives, ce qui est prometteur pour les résultats des entreprises. D’autre part, les marchés, surtout aux États-Unis, ont déjà anticipé la reprise économique et les cours des actions sont au moins en partie portés par les taux bas et la confiance en un soutien permanent des banques centrales. La fin de la période d’argent gratuit aura donc inévitablement un impact sur les marchés. Vu la récente hausse spectaculaire des Bourses américaines et les valorisations toujours aisées, il est peu probable qu’une semaine de turbulence ait suffi pour l’intégrer.



Econopolis

Cet article a été rédigé par Econopolis

le 16 février, 2018

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