Trump l’oeil

Le G20, la réunion des dix-neuf pays industrialisés les plus importants du monde et de l’Union européenne la semaine dernière à Buenos Aires, en Argentine, a touché les marchés boursiers. Toutefois, le fait que Donald Trump soit revenu sur certaines déclarations via Twitter quelques jours plus tard a eu encore plus de répercussions sur les marchés financiers.

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Le déjeuner de la paix

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Le fait que la déclaration finale du G20 se soit révélé être assez vague est dû à la grande dissension qui s’est jouée au sommet. Le G20 a accouché d’une souris en ce qui concerne les questions liées à la migration et au climat. La déclaration finale du sommet n’a pas non plus explicitement condamné le protectionnisme croissant. L’engagement de réformer l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est ainsi devenu l’un des éléments les plus concrets. La seule chose, cependant, qui a vraiment suscité l’intérêt du monde extérieur a étéla rencontre Trump-Xi Jinping.À première vue, ce dîner a donné lieu à une trêve dans le conflit commercial USA-Chine, ce qui a été un soulagement pour les marchés boursiers mondiaux qui ont réagi de manière assez optimiste. Jusqu’à ce que …

Donald Trump souffle à nouveau le froid

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Bien que le rebond de Wall Street lundi ait pu avoir lieu grâce à la trêve commerciale, nous observons aujourd’hui un retour à la case départ. En lançant une nouvelle série de tweets dont il a le secret (voir photo), le Président américain Trump a ruiné tout espoir de paix commerciale :  « Soit nous conclurons un VÉRITABLE ACCORD avec la Chine, soit aucun accord du tout – si tel est le cas, nous imposerons des droits de douane importants sur les produits chinois expédiés aux États-Unis. »

Tweeting Trump est un peu tricheur. Trump laisse intactes les barrières commerciales existantes, ainsi que les droits punitifs sur l’acier et l’aluminium européens, et sur plus ou moins la moitié des importations en provenance de Chine. Il n’exclut pas une nouvelleescalade – il suffit de regarder ses Tweets. Trump ne gagnera pas de sitôt le titre de militant pour la paix et le commerce.

La méfiance refait surface

Encore une fois, Donald Trump a réussi à mettre le monde entier sur une fausse piste. La guerre commerciale sino-américaine fait toujours rage. Le résultat ? La méfiance des investisseurs s’est de nouveau accrue, entraînant une correction de 4% sur les marchés boursiers américains mardi soir. Cela reflète aussi clairement qu’il s’agit de ventes importantes (soutenues par des algorithmes et ayant recours à de nombreux effets de levier via des contrats à terme) et non d’une série de ventes par des « petits investisseurs ». Il s’agit donc bien d’un point de basculement évoluant de « risk on » à  « risk off ». Les marchés ne sont plus actifs, ce qui rend probable l’apparition de nouvelles corrections.

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Sur le graphique du S&P500 (les 500 plus grandes actions américaines), le rebond suite à l’accord Trump-Xi et la dégradation qui a débuté le 4 décembre sont clairement visibles.

Un rallye boursier à la fin de l’année – ce que nous espérions franchement – devient alors hautement improbable. La dette colossale des entreprises, les problèmes d’endettement de la Chine et des États-Unis, les difficultés dans la politique italienne actuelle, la baisse de l’indice bancaire européen*, le ralentissement de la croissance des économies européenne et chinoise, qui vont inévitablement se répercuter sur les États-Unis… dominent l’état d’esprit. L’objectif ultime de Trump, réduire le déficit commercial, n’a pas progressé d’un iota. Pour ce faire, il ferait mieux de réduire le déficit budgétaire fédéralet ainsi épargner plus et emprunter moins 

(*La philosophie d’Econopolis a toujours été de ne pas inclure les banques dans nos portefeuilles, uniquement les entreprises de l’économie réelle.)

Et maintenant ?

Tout cela fait que les investisseurs préfèrent repousser la plupart des risques et idéalement au plus vite. Bien sûr, sur le plan historique de telles phases ne sont pas chose nouvelle. Ces phases sont relativement de courte durée, environ 3 à 6 mois au maximum. Il s’agit maintenant de choisir la bonne voie. L’approche défensive qu’Econopolis adopte depuis un certain temps nous semble être la bonne. Nous disposons d’une part importante de liquidités (tant dans les fonds que dans les portefeuilles) pour répondre à des cours boursiers plus bas. Nous maintenons une proportion d’actions relativement faible et des actions plutôt défensives. En ce qui concerne les obligations, nous accordons également beaucoup d’attention au rapport risque/rendement, n’ayant par exemple que peu d’obligations pourries (junk bonds) et beaucoup de papier de haute qualité. Avec les pièces, nous gardons beaucoup d’euros et quelques diversifications en livre sterling (GBP), couronne norvégienne (NOK), dollar américain (USD) et dollar singapourien (SGD).



Econopolis

Cet article a été rédigé par Econopolis

le 10 décembre, 2018

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