Une authentique partisane du capitalisme

Professeure. Plus de 70 ans. Transgenre. « L’anti-Piketty ultime ». « La dernière partisane du capitalisme »… Le 4 décembre, nous aurons le plaisir d’accueillir Deirdre McCloskey, oratrice intrigante, lors de notre Economic Encounter semestriel.

deidremccloskeyfoto

Hors des sentiers battus

Deirdre McCloskey (76 ans) est une professeure américaine qui n’a pas enseigné que l’économie durant sa carrière universitaire, mais aussi l’histoire et la communication. McCloskey s’est construit une très vaste bibliographie, avec des titres comme The Rhetoric of Economics, Econometric History, The Writing of Economics, If You’re So Smart: The Narrative of Economic Expertiseet Does the past have useful economics?  Merveilleuse plume, McCloskey est aussi une oratrice appréciée. Elle parvient comme aucune autre à établir des liens entre l’économie et diverses autres disciplines. Son ouvrage le plus connu n’est cependant pas un traité d’économie, mais une autobiographie : dans Crossing : a memoir, elle décrit très ouvertement sa transformation d’homme en femme, après trente ans de mariage et en tant que père de deux enfants.

boekcover1boekcover3Deirdre McCloskey est une figure très singulière dans le monde économique et académique. C’est une femme courageuse, qui ose prendre des positions affirmées. McCloskey considère notamment l’économie comme une science humaine et estime que cette matière est trop souvent théorique, repose sur des modèles et des chiffres qui ne disent rien du monde réel. Lorsqu’on observe les personnes, on ne peut que conclure qu’une affirmation telle que « Le libre marché est amoral » n’a absolument aucun sens.

 

 

Le libre marché lisse les égalités

tweetdeirdre2

D’abord anarchiste et marxiste, aujourd’hui, on la présente souvent comme le « dernier défenseur du capitalisme » et « l’anti-Piketty ultime ». Au sujet de son « Capital au XXIe siècle », elle a même rédigé une critique de 50 pages. McCloskey argumente à ce sujet que le marché libre n’est absolument pas la cause des inégalités. Au contraire ; c’est précisément l’arrivée du commerce mondial et de l’économie de marché qui a lissé ces inégalités. Elle ajoute qu’après 1800, il y a eu 40 récessions aux États-Unis, dont au moins cinq ont eu l’ampleur de celle de 2008. Mais chaque fois, le revenu moyen était plus élevé après la récession qu’avant.

tweetdeirdre

McCloskey estime que l’inégalité n’est d’ailleurs pas un mal en soi, ce qui ne veut cependant pas dire qu’une société n’ait pas des obligations sociales et qu’elle doit abandonner à leur sort ceux qui ont besoin d’aide. Au contraire. Selon elle, tout le monde ne doit pas être égal, mais il faut donner à chacun des chances égales, en revanche, afin qu’ils puissent aller de l’avant avec optimisme. Il faut aussi encourager l’esprit d’entreprise, car celui-ci fait du monde un endroit où il fait mieux vivre.

Economie et éthique : les indissociables

geertn-square-small

Economie et éthique sont indissociables, selon McCloskey. « Pour être efficace, le marché exige des vertus comme l’honnêteté, la sagesse, la pondération, la responsabilité et l’amour du prochain », affirme-t-elle de manière surprenante. « Choisir ce qu’on achète, c’est ne pouvoir dépenser chaque centime qu’une seule fois : cela demande de la liberté et une certaine maîtrise de soi. » L’entrepreneur doit du reste avoir suffisamment de courage et d’empathie, et pouvoir se maîtriser.

Chez Econopolis, nous apprécions l’authenticité des personnes qui osent s’exposer et porter un regard différent sur le monde (économique). Ce n’est pas un hasard si nous avons choisi d’afficher dans nos locaux la citation suivante de Mark Twain: « Whenever you find yourself on the side of the majority, it is time to pause and reflect. »

Geert Noels



Econopolis

Cet article a été rédigé par Econopolis

le 7 novembre, 2018